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Véa, 5 ans, devra t-elle quitter sa ville et sa famille demain ?

13 août 2009

Article paru dans Nice Matin - édition du 13 août 2009

 « On garde espoir ». Judith et Vincent Santos y croient encore, joints au téléphone hier au centre de rétention de Marseille où ils sont enfermés depuis fin juillet avec Véa, leur petite fille de cinq ans. Pourtant, demain matin à l'aube, ce couple de Philippins qui réside à Cannes depuis bientôt dix ans et leur fillette seront forcés de prendre l'avion pour rentrer au « pays ».

« On ne connaît rien là-bas. Nos parents y habitent, mais c'est nous qui les aidions financièrement d'ici. On n'est pas prêts à partir », se désole la jeune maman de 28 ans.

Le couple, qui vivait rue Meynadier, travaillait en tant qu'employés de maison.

Judith à Cannes et Vincent à Villefranche-sur-Mer depuis sept ans. Son patron, très ému par la situation, lui a d'ailleurs apporté son soutien en prenant en charge les frais d'avocats.

« C'est une petite Cannoise, sa vie est ici »

Parmi les proches du couple, les nombreux membres de la famille, installés à Cannes depuis plus de 10 ans, sont bouleversés par cette expulsion.

« Tous les enfants de la famille sont touchés, ils savent ce qui se passe. Et Véa pleure car nous lui manquons », se désole une de ses tantes. « Pourquoi ne pas lui donner une chance ? »

La petite fille, née en décembre 2004 à la clinique Oxford était scolarisée depuis deux ans à l'institution catholique Stanislas de la ville, où huit de ses cousins sont également inscrits, dont un dans la même classe qu'elle.

À la rentrée, ses camarades et professeurs risquent d'avoir la surprise de ne pas revoir la fillette. Car en période de vacances, peu d'entre eux ont été informés de cette situation dramatique.

« Ce n'est pas un hasard si cela se produit en plein été. Tout le monde est en vacances, la mobilisation est forcément plus difficile. Le ministre de l'Immigration, Éric Besson est injoignable; le préfet aussi. Tout comme les enseignant de l'école Stanislas. En période scolaire, la famille n'aurait jamais été expulsée », s'indigne Pierre Site, conseiller municipal socialiste. Comme les nombreux amis de la famille, il espère « un miracle » pour éviter ce départ forcé. « Tant qu'ils ne sont pas partis, il y a de l'espoir », résume un proche. Le verdict est peut-être déjà tombé...

Sandie Navarra

Nice-Matin

 



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