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Guy Môquet : Nicolas Sarkozy est un violeur de mémoire
23 octobre 2007 - source Cannes Solidaire
Nicolas Sarkozy a imposé la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet à tous les élèves des Lycées.
Mais qu'y a-t-il donc dans cette lettre qui justifie que l'on arrête les cours pour la lire ainsi à brûle pourpoint, sans en préciser le contexte historique?
Il y a surtout une immense émotion qui se dégage de ce texte, adressé à sa mère par un jeune adulte, un enfant, au pied du peloton d'exécution.
Il est vrai que cette lettre est un témoignage, et qu'à ce titre, elle n'appartient plus seulement à son émetteur et à sa destinataire.
Mais c'est une chose d'étudier ce texte en le replaçant dans son contexte historique, c'en est une autre que de jeter cette explosion d'émotion à la figure des adolescents de 2007.
Il y a quelque chose de totalement indécent à se servir de cette lettre, comme le feraient les producteurs de télé-réalité avec les histoires de sexe de leurs comédiens amateurs.
Car utilisée ainsi, cette lettre n'est pas lue, étudiée, elle est consommée. Entre une pub pour la lessive et une série américaine, entre un cours de maths et la récré.
Mais il serait naïf de croire à l'accident politique dans cette sombre histoire.
Nicolas Sarkozy, qui depuis son arrivée au pouvoir use et abuse des médias, a sans doute pensé que ce déferlement d'émotion lui serait utile. De plus, Guy Môquet était un résistant communiste, ce qui ne gâche rien pour celui qui prétend à l'ouverture cosmétique.
La mémoire de cet enfant, ainsi dépouillée de tout ce qui fait sa grandeur, pour ne garder que l'émotion brute, asservie à une politique de communication pipolitique est littéralement violée.
Alors puisqu'il faut réparer cette faute, il faut parler du combat que mena ce jeune homme en citant un poème qu'il portait sur lui lors de son arrestation:
« Les traîtres de notre pays - Ces agents du capitalisme - Nous les chasserons hors d'ici - Pour instaurer le socialisme. »
Ce jeune homme se battait pour quelque chose de plus grand que lui.
Quelque chose qui nous dépasse tous et que l'on nomme idéal. Cet idéal, c'est le rêve d'une vie meilleure, ici, maintenant et pour tous.
A l'heure où Nicolas Sarkozy impose la lecture de cette lettre, il offre dans le même temps des fortunes aux plus riches, et presse encore plus les plus pauvres d'entre nous à coup de franchises médicales, et bientôt de TVA "sociale".
Le combat de Guy Môquet n'est pas terminé, il ne fait que commencer.
Le viol indécent de sa mémoire à des fins de communication politique est aussi sinistre que la mort de ce fils de France mort sous les balles fascistes.
Guy Môquet est tombé une seconde fois













