Cannes Solidaire
Contact : infos@cannes-solidaire.com
Expulsions : des drames humains avant tout
31 octobre 2009
Article paru dans l'édition de Nice Matin du 31 octobre 2009
« Mon appartement, ce sera le cimetière. Je peux plus respirer... Laissez-moi ! J'ai même pas une chemise de nuit... » Gabrielle Madelaine, 84 ans, est hagarde. Sonnée, dans son logement jonché de cartons et de sacs emplis d'affaires que des déménageurs débarrassent dans un silence pesant. Hier après-midi, toute sa vie était emballée à la hâte avant d'être envoyée au garde-meuble. Dans l'entrée, quatre chats miaulaient dans des caisses. Ils seront confiés à une amie. Hier soir, la vieille dame en attente d'une place au foyer logement de Sainte-Catherine a dormi à l'hôtel.
23 000 euros d'impayés
L'expulsion, l'ultime acte bouclant la procédure, est tombée. L'expulsion, une histoire jamais manichéenne. Mais qui vire inévitablement au drame humain. Gabrielle Madelaine qui logeait sa fille dans ce F4 à 1 000 euros par mois, chemin de Carimaï au Cannet, n'a soudainement plus payé son loyer, il y a un an et demi.
De son côté, la propriétaire, Dominique Savel, étranglée, qui comptait sur les loyers pour payer son crédit immobilier en est à 23 000 euros d'impayés.
« J'ai suivi la procédure..., confie-t-elle. Ce soir, je sablerai le champagne ! »
En bas de l'immeuble, c'est le malaise. « On aurait pu éviter tout cela. La dame est suivie, mais on n'a pas pu la raisonner », glisse la responsable du service social du Cannet. « Mon travail, c'est l'exécution des décisions de justice, lâche le chef du service expulsion au commissariat de Cannes. Même si c'est désagréable pour tout le monde ».
Hier matin, c'était plus que désagréable. Pascal Gobin, handicapé, la cinquantaine, résidant rue Meynadier, n'a pas pu participer à son expulsion, résultat de deux ans de loyers impayés : il a été emmené, quasi inconscient, par les pompiers à l'hôpital. Le malheureux qui savait qu'il serait mis dehors, a tenté de mettre fin à ses jours la veille au soir. Il a minutieusement rangé ses affaires. Avant d'avaler une surdose de Doliprane.
« C'était abominable, raconte Pierre Site, élu cannois socialiste présent sur les lieux. Ce monsieur nous avait contactés en urgence, il y a quinze jours. On a essayé de bloquer l'expulsion. En vain. Puis, la mairie lui a proposé un appartement qu'il a refusé. Pour des gens en grande détresse sociale, déménager est une montagne ». Hier soir, c'est au service psychiatrie des Broussailles que l'homme, isolé, a passé la nuit. Mais après ?
«Si je lui dis elle meurt»
C'est la question que se pose Bernard Baverey. Sa mère, Marguerite Allemand, 92 ans, grabataire, devrait être expulsée aujourd'hui de l'appartement situé rue la Tour-Maubourg qu'elle possède depuis 1961. Un prêt avec hypothèque, un crédit pas honoré et le deux-pièces est vendu en avril aux enchères... « (Hier), je me suis engagé auprès de la préfecture à ce qu'elle quitte l'appartement dès qu'on a une place au foyer des Gabres, soit d'ici quinze jours. Mais à 18 heures, on m'annonçait qu'elle serait quand même expulsée (aujourd'hui). Elle n'est pas au courant. Si je lui dis, elle meurt... »
Gaëlle Arama - Nice Matin - garama@nicematin.fr
Agenda
04/08/2010 à 19:00
Les Nocturnes boccassiennes11/08/2010 à 19:00
Les Nocturnes boccassiennes18/08/2010 à 19:00
Les Nocturnes boccassiennes25/08/2010 à 19:00
Les Nocturnes boccassiennes
août 2010
Voir tout l'agenda












