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Dette : Le mauvais choix de Cannes
12 juillet 2010
Article paru le mercredi 7 juillet 2010 / "le Patriote"
Depuis quelques années, dans la ville de Cannes, la question de la dette monopolise souvent les débats en Conseil municipal. Il faut dire que son montant s’est largement accru, pour atteindre 311 millions d’euros, contre 147, en 2001.
Fin 2008, alors que le budget de l’année suivante était en préparation, et que les effets de la crise financière commençaient brutalement à se faire sentir, le premier adjoint au maire de Cannes écrivait sur son blog, les initiatives qu’il allait soumettre au Conseil municipal pour que ces effets ne touchent qu’au minimum sa commune. David Lisnard expliquait alors qu’il fallait être « responsables, donc lucides et rigoureux : tirons partie de ces nouvelles contraintes pour réaliser un effort supplémentaire et conséquent en termes d’économies, de réduction des dépenses, avec des arbitrages plus sévères. Faisons le choix de la protection des intérêts du contribuable, actuels et à venir, et non pas celui facile et flatteur pour l’élu de la dépense publique ». En ces termes, il annonçait donc, après une « période de développement », résumant l’action des mandats précédents, une politique d’économies budgétaires. Bien que la majorité ait été contactée, nous ne sommes pas parvenus à joindre un responsable pour écrire ces lignes.
Pierre Site, Conseiller municipal d’opposition socialiste, pointe la constance du thème dans les débats depuis les deux dernières mandatures, et souligne que le montant de la dette a même atteint 315 millions d’euros, avant de diminuer légèrement.
« Lors du premier mandat de la majorité actuelle, le niveau de la dette a tout d’abord été nié, alors que nous en avions déjà calculé la somme, avant que finalement, une commission municipale ne reconnaisse par la voix des représentants de la majorité, que c’était une erreur de communication. C’est un premier point. Le deuxième, c’est la finalité de cette dette : pour quoi faire ? »
L’heure du bilan. « Les investissements réalisés au moyen de la dette, disait il y a quelque temps l’autre Conseillère municipale socialiste Apolline Crapiz, ont été évalués. Ces investissements font apparaître un réel déséquilibre entre les lourds investissements au bénéfice d’un petit nombre et le manque criant d’investissements au profit du plus grand nombre », avant de prendre l’exemple du Palais des Victoires qui, ayant coûté 22 millions d’euros, et pratiquement réservé au Racing Club de Cannes, « représente entre 7 et 10 constructions de crèche ». Il s’agit donc d’un choix politique, fait depuis longtemps « en faveur des plus riches, en témoigne encore la crèche de la Croix des Gardes concédée au privé ».
Il faut noter que l’endettement des collectivités est un sujet récurrent, et que Cannes n’en a pas l’apanage. Dans la commune voisine du Cannet, par exemple, la situation n’est pas brillante non plus. Ainsi, pour l’opposition de gauche, « les dissidents de droite, dont certains ont des responsabilités au Cannet, mèneraient exactement la même politique s’ils étaient aux manettes ; la seule chose qui les divise, c’est la personne qui occupe le fauteuil », clame Pierre Site, qui continue à s’interroger : « que fait-on au profit de la population, du service public ? »
Aujourd’hui enfin, si la municipalité vend beaucoup de biens communaux, « c’est simplement pour boucler les fins de mois », estime-t-il, insistant sur le fait que le patrimoine n’est pas extensif. Cannes parviendra-t-elle, dans ce contexte, à ne pas élever son imposition ? « Ils sont déjà parmi les plus élevés de France, conclut Pierre Site, de ne pas les augmenter encore, ce n’est pas franchement un choix, c’est une obligation ».













