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Ceux qui partent d'Omelas
08 mai 2007 - source Cannes Solidaire
Ursula K. Le Guen est une auteure américaine de science fiction. Elle a écrit entre autres une nouvelle intitulée : "Ceux qui partent d'Omelas" (The ones who walk away from Omelas, 1973).
Omelas est une ville merveilleuse ou toute la population vit un bonheur parfait dans une ville idéale.
Les gens vivent de leur travail, ont du temps à consacrer à leur famille et à leurs loisirs.
Omelas ne connaît pas de conflit social. C'est une société idéale où tout le monde aimerait vivre.
Et pourtant des gens quittent Omelas. Mais pourquoi ?
Omelas renferme un terrible secret.
Un secret qui est révélé à chacun des habitants de la ville le jour de sa majorité.
Ce jour là, on les amène au fond d'un immonde cul de basse fosse. Ici gît un pauvre hère, répugnant de crasse, mal nourrit, laissé sans soin.
Car il endure seul tous les malheurs de la ville. C'est au prix de ses souffrances que le reste de la population vit dans une ville paradisiaque.
Alors, il existe des gens qui ne peuvent pas supporter de vivre heureux à ce prix. Et ils quittent Omelas.
Et nous, qu'aurions nous fait ?
Nous n'aurions pas pu quitter Omelas. Car quitter Omelas, c'est accepter de laisser derrière soi une injustice insupportable. Le bonheur de tous ne peut pas être fondé sur le malheur de certains.
La politique ultra-libérale que subit le monde aujourd'hui, et que veut renforcer Nicolas Sarkozy, le nouveau président de la République, se construit sur le malheur des laisser-pour-compte de nos sociétés.
Aujourd'hui, la variable d'ajustement du monde libéral, c'est l'individu. Il faut augmenter les profits ? On licencie des milliers de personnes. Ces gens qui se retrouveront chômeurs et que Nicolas Sarkozy appelle les assistés.
Ces gens qui ne pourront bientôt plus se soigner, plus se loger, plus assurer la scolarité de leurs enfants.
Ces gens rejetés par le système et sur le malheur desquels est fondé le bonheur libéral de Nicolas Sarkozy.
Alors non ! Nous ne serions pas partis d'Omelas.
Nous y serions restés.
Pour y faire la révolution.













