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Guerre contre l'Iran : entre inconscience et folie
17 septembre 2007 - source Cannes Solidaire
La guerre contre l'Iran semble être au programme du quinquennat Sarkozy. En deux jours, le ministre des affaires étrangères nous propose une guerre pour pacifier l'Iran, suivi le lendemain par le premier ministre qui nous assure qu'il faut être prêt au pire.
Le même premier ministre ne manque pas de renforcer son propos en posant, martialement vêtu d'un treillis de combat, aux commandes d'un blindé du 1er RIMA. Fermez le ban.
Il est vrai que la guerre est une belle chose, surtout à la télévision ou au cinéma. Dans ces guerres là, ce sont toujours les bons (nous) qui gagnent.
Enfin, il est notoire qu'une bonne guerre détourne toujours l'attention de l'opinion publique des vrais problèmes de la nation, et unit le peuple autour de son chef.
Il est regrettable d'avoir porté au pouvoir une équipe qui connaît le monde essentiellement au travers les médias. Car une guerre contre l'Iran sera tout sauf une partie de plaisir.
L'armada américaine n'est toujours pas parvenue à mater un pays comme l'Irak et ses 26 millions d'habitants.
Qu'en sera-t-il demain de l'Iran et de ses 70 millions d'habitants.
De plus, l'armée iranienne n'a rien de comparable à l'armée irakienne. Moderne, bien équipée, elle dispose de moyens lui permettant de repousser une attaque occidentale de grande envergure.
L'Iran dispose aussi de petits joujoux dont nous pourrions vite entendre parler, comme les missiles Sunburn par exemple.
Ces missiles terre-mer sont capables d'envoyer par le fond un porte-avion à 200 milles des côtes. Pour débarquer, il faudra passer ailleurs que par la mer. Et si la marine perd un bâtiment comme le Charles de Gaulle, ils auront l'air malin nos va-t-en guerre.
Tout ceci pour mettre en évidence que les belles paroles martiales entendues ces derniers jours ne peuvent sortir que de la bouche d'inconscients ou de fous dangereux.
Car si il est inquiétant d'imaginer l'Iran assit sur la bombe atomique, l'attaquer justifierait à posteriori l'attitude de ses dirigeants actuels.
L'Europe, et notamment la France, a mieux à faire que de proposer une guerre à l'américaine dans un monde déjà submergé par la violence.
On peut montrer de la fermeté, avec de lourdes sanctions économiques qui fragiliseront un régime en partie décrié par son peuple, sans pour autant verser de l'huile sur le feu avec des propos inconsidérés.
Il n'est pas trop tard pour se reprendre. Le président de la République serait bien aviser de s'exprimer rapidement sur ce sujet.
Il devra recadrer son ministre des affaires étrangères aventureux, et son premier ministre trop bavard. Cela ne devrait pas être pour déplaire à Sarkozy, et ce serait préférable pour nous tous.










