Apolline Crapiz



Ségolène Royal a expliqué lundi qu'elle souhaitait "incarner un changement politique profond" à des étudiants chinois qui l'interrogeaient sur l'élection présidentielle française.
Au troisième jour de sa visite en Chine, la candidate socialiste a également profité de la rencontre, à l'Institut diplomatique de Pékin, pour exporter son concept de "démocratie participative".
"Mes adversaires se sont parfois moqués de moi parce que j'ai dit 'je veux écouter pour parler juste, pour agir juste. J'ai mis en place et beaucoup défendu l'idée de démocratie participative, c'est-à-dire qu'on considère que les citoyens sont les meilleurs experts de ce qui les concernent", a-t-elle expliqué, reprenant l'un de ses thèmes fétiches de campagne à 10.000 kilomètres Paris.
Elle a évoqué la "crise du résultat" qui frappe à ses yeux la vie politique française et qui a poussé les "plus défavorisés", les "classes populaires" vers l'abstention ou le vote extrême.
Le "souci de rendre des comptes" doit être une démarche adoptée "au plus haut de l'Etat", a martelé la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée.
"Aujourd'hui, un chef de l'Etat doit être capable de rendre des comptes régulièrement sur son action (...), de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'écart entre son action et son discours", a-t-elle souligné.
La candidate socialiste a été rattrapée par la présidentielle grâce aux questions de deux jeunes étudiantes de l'Institut, très au fait de la vie politique hexagonale et s'exprimant dans un français parfait.
"Quels sont vos avantages et vos inconvénients comme candidate à la présidentielle cette année", lui a demandé Wu Juanjuan, 21 ans, après avoir vanté son "apparence très charmante". "J'ai envie de vous retourner la question", a répondu Ségolène Royal, visiblement embarrassée.
"Ce qui me paraît le plus important, c'est d'incarner un changement. Je crois que les Français ont besoin d'un changement politique profond", a-t-elle poursuivi.
"Même si on n'a pas le droit de vote, je vous souhaite une très bonne chance de succès. On va vous soutenir moralement et sincèrement", a assuré Wong Wue, prenant le micro à son tour.
Les étudiants, dispensés d'examen pour pouvoir assister à la rencontre, ont dit être "impressionnés" par Ségolène Royal.
"Très sympa, très gentille, très française", a commenté une jeune fille, qui "sait des choses" sur Nicolas Sarkozy et "n'aime pas" Jean-Marie Le Pen.
"Tous nos camarades pensent que Ségolène Royal a moins d'ancienneté politique que Nicolas Sarkozy mais plus de popularité", a ajouté Wu Juanjuan, une fois la candidate repartie. "La France a besoin de changer de face".
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