Cannes Solidaire
Contact : infos@cannes-solidaire.com
Cannes : intervention d'Apolline CRAPIZ au conseil municipal du 26 novembre 2007
28 novembre 2007 - source Cannes Solidaire
Permettez-moi, Monsieur le Maire, une fois n'est pas coutume, de vous adresser quelques remerciements.
Tout d'abord pour avoir activement soutenu les Rencontres de Cannes, organisées de main de maître par l'association Arte Philosophia et son président François LAPEYROU, et dont la 3ème édition qui vient de s'achever fut un succès relayé à l'échelon national par France-Culture.
Pour rentrer dans le vif du sujet de ce soir, il me semble que je devrais aussi vous remercier pour la constance dont vous faites preuve dans vos orientations et vos projets car elle me simplifie singulièrement la tâche.
Je relisais mon intervention au Débat d'Orientation Budgétaire de l'an dernier, et j'ai constaté qu'elle était presque entièrement d'actualité encore aujourd'hui. J'y dénonçais notamment votre conception du développement de Cannes, votre volonté d'en faire une ville d'affaires et de prestige dans laquelle les Cannois auront de plus en plus de mal à se reconnaître et à se sentir bien.
Le premier problème que rencontrent les Cannois, c'est bien évidemment celui du logement : trop cher, beaucoup trop cher.
A La Bocca, 92% d'augmentation des prix de l'immobilier en 5 ans et les loyers suivent de près. Une famille moyenne, pour laquelle le logement, à l'achat ou à la location, représente 40% de son budget, devrait, pour voir son pouvoir d'achat maintenu, bénéficier d'une augmentation de 37% de ses revenus.
Est-ce cela que Monsieur SARKOZY va proposer aux Français ? Mais, me direz-vous, ce n'est pas le Maire de la Ville qui fait les prix. Et bien, si vous pensez que vous n'y pouvez rien, allez donc l'expliquer à vos électeurs !
Depuis 6 ans, je demande que la Ville, au lieu d'autoriser les constructions à-tout-va, mette en œuvre la politique foncière et immobilière offensive qu'exige la crise du logement à Cannes et, qu'a minima, un contingent de 20% de logements sociaux soit réservé dans chaque programme immobilier.
Il nous aura fallu attendre le dernier Conseil pour que vous présentiez une délibération, non contraignante au demeurant, vous autorisant à négocier avec les promoteurs dans ce sens. 6 ans pendant lesquels le béton a poussé, hors d'atteinte des Cannois actifs. 6 ans pendant lesquels le foncier s'est raréfié, et avec lui, les marges de manœuvre de la Ville. Vous prévoyez le renouvellement des subventions aux bailleurs sociaux pour un montant annuel de 3 M€ environ (page 79).
A titre de comparaison, l'hélistation aura coûté 4 M€.
Et nous ne pouvons pas parler de logements sociaux sans évoquer les 217 logements livrés cette année à l'Aubarède, construits les uns sur les autres, sans lumière et sans espace. Quel contraste avec Cannes Grand Parc, autorisé à manger des hectares sur le Parc de La Croix des Gardes, et qui reste malgré tout, je dois le dire, une véritable aberration architecturale.
La Croix des Gardes, parlons-en justement. Rogné, déboisé, balafré par des autoroutes piétonnières, vous lui avez enlevé le caractère naturel qui en faisait tout le charme. Vous êtes en train de faire de ce petit coin de nature autrefois préservée un parc urbain bien policé. Policé c'est bien le mot, avec l'aménagement de la Villa Buhler, prélude à l'ouverture de nouvelles voies de circulation et abusivement justifié par des impératifs de sécurité fantasmatiques. A quand les palmiers, les projecteurs et les caméras vidéo ?
Mais revenons à Cannes Grand Parc et à l'Aubarède. Quelle est cette conception de l'urbanisation qui consiste à autoriser ou à accompagner des programmes immobiliers sans prévoir les équipements sociaux qui vont avec ? Je veux bien sûr parler des crèches et des écoles, car il y aura bien quelques enfants dans ces résidences?... Devrons-nous nous résigner à voir des dizaines et des dizaines de voitures gonfler, soir et matin les embouteillages entre l'Aubarède et Bocca-Nord? Devrons-nous nous résigner à voir aux Broussailles les préfabriqués s'empiler dans la cour de récréation?
Et à l'inverse, quand vous étudiez la construction d'une piscine, la piscine olympique qui manque à Cannes, c'est un grand centre aquatique que vous mettez en projet. Mais le résultat est le même : RIEN. La piscine est toujours sur le papier. Et bien, pour tous les Cannois qui attendent, pour tous les Cannois qui n'auront pas les moyens de se payer l'entrée d'un grand centre aquatique, pour les finances de la Ville qu'on ne peut épuiser à force de projets démesurés, construisons la sans tarder cette piscine !
Autre grande préoccupation, le Palais des Festivals, outil indispensable à la prospérité de la Ville. S'il ne fait pas de doute que conserver certains grands salons nécessitera de disposer de plusieurs milliers de m² supplémentaires, il serait catastrophique de ne pas engager la réflexion qui s'impose sans y intégrer les risques financiers à long terme selon les scénarios les plus raisonnablement pessimistes, sans repenser radicalement la question de la circulation des poids lourds et sans traiter la nécessaire adaptation des capacités d'accueil hôtelières. Qu'en est-il par ailleurs d'une éventuelle aide de l'Etat ?
Quoi qu'il en soit, les investissements réalisés pour le Palais ne devront pas grever les efforts à consentir en matière de logements et d'équipements sociaux. Car, encore une fois, Cannes c'est La Croisette ET La Bocca, c'est La Californie ET Saint-Louis, c'est la rue d'Antibes ET le Boulevard de La République. Voilà ce que devrait réellement exprimer le budget de La Ville de Cannes pour FAIRE PLUS ET MIEUX POUR CEUX QUI ONT MOINS.













